El Halia (Suisse, France, Tunisie)

de Louis Arti

- Par où va-t-on quand on meurt ?...
- Par le petit chemin… Tu vois, celui qui passe derrière les chênes-lièges…
- Celui où il y a des vipères, monsieur ?...
L’étranger qui passe près de l’enfant ne répond pas. Sa gandoura blanche est faite de vapeur, le son de ses mots est léger, léger…
- Dites, monsieur, c’est par là qu’il est passé mon papa ?... Par le chemin des chênes-lièges ?...
L’enfant parle tout seul. Il joue avec une vieille boîte de sauce tomate. Il trace des signes que le vent disperse : le sable est un tableau. Près de lui : un vélo. Dans sa poche : un harmonica. Depuis quelques heures, le vélo et l’harmonica sont à lui. Ces objets lui appartiennent. Car ici presque tout le monde est mort.